COLLOQUE SCIENTIFIQUE · ATELIERS DE RECHERCHE

Dialogue interreligieux « assisté par »et « en dialogue avec » l’IA

Concepts, approches et défis

CADRE SCIENTIFIQUE

Pourquoi penser ensemble intelligence artificielle et dialogue interreligieux ?

Le champ religieux connaît une transformation profonde sous l’effet de l’essor de l’intelligence artificielle générative et des environnements numériques. La technologie n’est plus seulement un vecteur de transmission des savoirs ou des discours religieux. Elle intervient dans la production, la sélection, la hiérarchisation et la reformulation de l’information, tout en participant à la construction des représentations réciproques entre individus, communautés et traditions. Les espaces numériques peuvent amplifier stéréotypes, désinformation, polarisation et haine, mais aussi favoriser traduction, contextualisation, vérification, médiation et compréhension mutuelle. Le projet articule sciences humaines, études religieuses et technologies intelligentes afin d’examiner les conditions d’un usage de l’IA respectueux de la pluralité et de la dignité humaine.

Lire la suiteAfficherRéduire

La conférence ne se limite donc pas à demander comment l’intelligence artificielle peut être utilisée dans le dialogue interreligieux. Elle interroge les transformations que l’IA introduit dans la structure même de la connaissance, de la médiation et du dialogue. Lorsque les systèmes interprètent des discours, mobilisent des sources, reformulent des positions, clarifient des énoncés et rendent visibles des perspectives, ils passent de l’assistance à la médiation, voire à l’interlocution. Cette évolution conduit à repenser l’agentivité, la compréhension, la responsabilité et les frontières entre initiative humaine et intervention algorithmique.

Inversement, la réflexion porte sur ce que les études religieuses, la philosophie, l’éthique et les pratiques de médiation peuvent apporter au développement de l’IA. Le projet place ainsi au cœur de sa démarche l’humanisation, l’éthicisation et la gouvernance de l’IA. Il s’agit d’intégrer la dignité, la pluralité, l’équité et la responsabilité dans la conception, l’usage et l’évaluation des systèmes, tout en maintenant l’expertise humaine au centre de la vérification et de la décision.

QUESTION CENTRALE DE RECHERCHE

Comment l’intelligence artificielle reconfigure-t-elle la connaissance, le discours, la représentation du religieux et le dialogue interreligieux ? Jusqu’où peut-on passer d’une IA conçue comme outil d’appui à une IA médiatrice, voire à un interlocuteur interactif, sans réduire la pluralité religieuse ni affaiblir la centralité de l’humain ? À quelles conditions épistémologiques, éthiques et de gouvernance cette relation peut-elle favoriser une compréhension fine de la différence et la construction du commun ?

QUATRE AXES SCIENTIFIQUES

1

Intelligence artificielle et reconfiguration de la connaissance, du discours et de la représentation du religieux

2

Repenser le dialogue interreligieux à l’ère de l’intelligence artificielle : concept, agentivité et limites de la médiation

3

De la polarisation à la transformation dialogique dans l’espace numérique : analyser la structure du désaccord et mesurer la qualité du dialogue

4

Humaniser, éthiciser et gouverner l’intelligence artificielle dans les contextes religieux

Programme

Programme détaillé

Télécharger le livret

FORMAT

Le colloque scientifique se tient le 19 octobre et le matin du 20 octobre. Les ateliers de recherche, d’expérimentation et de validation consacrés à Dialogia ont lieu l’après-midi du 20 octobre et durant la journée du 21 octobre.

LUNDI 19 OCTOBREOUVERTURE · SESSIONS 1, 2 et 3AfficherRéduire

8 h 30 – 9 h 00 Accueil des participants

9 h 00 – 9 h 15 Ouverture et présentation des objectifs scientifiques (COMITÉ SCIENTIFIQUE) *

SESSION 1 · 9 H 15 – 11 H 00Intelligence artificielle et reconfiguration de la connaissance, du discours et des représentations du religieuxAfficherRéduire

Modération : Patrice Brodeur

Michel Younès — Université catholique de Lyon (UCLy) / PLURIEL

Vers une perspective renouvelée sur les anthropologies en dialogue à l’ère de l’intelligence artificielle

Jean Druel — Institut dominicain d’études orientales (IDEO), Le Caire

Repenser la recherche bibliographique en études (inter)religieuses grâce à un agent conversationnel

Raphaël Georgy — PLURIEL

"Répondre comme un imam ?" Un débat de conception comme révélateur du seuil d'autorité

Adrien de Fouchier — Bibliothèque apostolique vaticane

Nourrir l’IA avec des textes et métadonnées

Wael Saleh — IEIM-UQAM / TRENDS / PLURIEL

Repenser la pluralité de l’islam contemporain et le dialogue au nom du religieux à l’ère de l’IA : une approche éthico-onto-épistémologique

10 h 30 – 11 h 00 Discussion générale

11 h 00 – 11 h 15 Pause-café

SESSION 2 · 11 H 15 – 13 H 00Repenser le dialogue interreligieux à l’ère de l’intelligence artificielle : concepts, agentivité et limites de la médiationAfficherRéduire

Modération : Michel Younès

Raja Sakrani — Université de Bonn / PLURIEL

L’intelligence artificielle, un substitut du divin ? Quelques conséquences pour le dialogue interreligieux

Patrice Brodeur — Université de Montréal (UdeM)

La communication interactive requise entre les utilisateurs de LLM et leurs plateformes d’IA générative peut-elle être comparée — et potentiellement devenir — une nouvelle forme de dialogue au sein ou au-delà du dialogue intervisionnel ?

Eissa Ali AlMannaei — TRENDS Research & Advisory

Quand l’intelligence artificielle devient médiatrice : fiabilité, responsabilité et limites dans le dialogue interreligieux

Anne de Luca—Centre Thucydide (Panthéon-Assas)

Le dialogue interreligieux à l’épreuve de l’IA : passer de l’illusion de maîtrise à la controverse féconde

Anthony J. El Beainy — Université Saint-Joseph de Beyrouth

Habiter le dialogue sans habiter la foi : L’IA comme médiateur interreligieux

Chadi El Kahwaji — Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ) / AUB

De la narration à la médiation : l’IA générative comme tiers interprétant du dialogue interreligieux dans le récit arabe contemporain

12 h 30 – 13 h 00 Discussion générale

13 h 00 – 14 h 00 Déjeuner

SESSION 3 · 14 H 00 – 15 H 15De la polarisation à la transformation dialogique à l’ère numérique : analyser le désaccord et construire la rencontreAfficherRéduire

Modération : Emmanuel Pisani

Heather Miller Rubens — Institut d’études islamiques, chrétiennes et juives (ICJS), Baltimore

Développement du référentiel interreligieux ICJS 1.0 : considérations et choix méthodologiques

Karim Kardady — Université de Montréal / PLURIEL

Radicalisation violente au nom de l’islam des jeunes en contexte numérique : de la polarisation à la prévention, quels apports de l’intelligence artificielle ?

Hamad Al Hosani — TRENDS Research & Advisory

De la polarisation numérique à l’extrémisme idéologique : comment les groupes extrémistes et terroristes utilisent l’intelligence artificielle et quels défis en découlent

André Daher — Université Antonine, Liban

De l’intelligence artificielle à l’intelligence dialogique : éduquer à la rencontre de l’autre dans un monde interreligieux

Renée Hattar — Università Cattolica del Sacro Cuore, Milan / PLURIEL

De l’écoute à la rencontre : la musique sacrée comme instrument du dialogue interreligieux à l’ère de l’intelligence artificielle

15 h 15 – 15 h 45 Discussion générale

15 h 45 – 16 h 00 Pause-café

16 H 00 – 17 H 00 · DISCUSSION TRANSVERSALE

Pluralité, autorité, qualité dialogique, sources, responsabilité et supervision humaine.

Cette séquence relie les trois premiers axes et prépare le passage de la réflexion scientifique aux ateliers d’expérimentation et de validation de Dialogia.

17 H 00 · FIN DE LA PREMIÈRE JOURNÉE

Clôture de la journée scientifique et préparation de la séquence de co-conception du 20 octobre.

MARDI 20 OCTOBRESESSION 4 et ATELIER 1AfficherRéduire
SESSION 4 · 9 H 00 – 11 H 30Humaniser, éthiciser et gouverner l’intelligence artificielle dans les contextes religieuxAfficherRéduire

Modération : Wael Saleh

Violaine Lemay — Université de Montréal (UdeM)

Valeurs philosophiques et religieuses : vertu protectrice de la mobilité intellectuelle et danger immobilisant du réflexe technopolitique caché qu’impose déjà le recours standard à l’IA

Lyse Langlois — Université Laval / OBVIA

Le titre sera précisé prochainement.

Wassim Salman — Institut pontifical d’études arabes et d’islamologie (PISAI), Rome / PLURIEL

Humanité, médiation et responsabilité : penser le dialogue interreligieux assisté par l’intelligence artificielle à la lumière de Magnifica humanitas

Emmanuel Pisani — Institut dominicain d’études orientales (IDEO), Le Caire / PLURIEL

IA et savants musulmans. Réactions et premières évaluations en éthique islamique.

Antonio Angelucci — Università degli Studi dell’Insubria – REDESM, Italie

Qui écrit la constitution de l’algorithme ? Trois limites juridiques pour une IA passant de l’assistance à la médiation du dialogue interreligieux

Karsten Lehmann — KPH Wien/Niederösterreich / Université de Vienne

Approches ambivalentes des professionnels religieux vis-à-vis de l’IA

Hazar Haidar — UQAR / OBVIA

Gouverner une IA médiatrice du religieux : quels principes éthiques, quelles limites ?

Zeyyad Saleh — Université de Montréal

Plateforme Dialogia — Dialogue interreligieux « assisté par » et « en dialogue avec » l’IA : concepts, approches et défis

11 h 15 – 11 h 30 Discussion générale

11 h 00 – 11 h 15 Pause-café

ATELIER 1 · 11 H 30 – 15 H 45De la théorie à l’application : tester le parcours de médiation dialogique de DialogiaAfficherRéduire

Animation: Zeyyad Saleh, Wael Saleh et Eissa Ali AlMannaei

Objectif : Tester collectivement l’architecture conceptuelle et méthodologique de Dialogia à partir de situations concrètes de dialogue, de désaccord et de polarisation.

11 h 30 – 12 h 45 Analyse humaine des cas · Désaccords, présupposés, essentialisation, pluralité et distinction entre faits, croyances et interprétations.

12 h 45 – 13 h 45 Déjeuner

13 h 45 – 14 h 45 Parcours Dialogia · Diagnostic, clarification, désessentialisation, reformulation, pluralité et terrain commun.

14 h 45 – 15 h 45 Restitution et validation · Grille d’analyse, contextualisation, règles de médiation et indicateurs de qualité dialogique.

15 h 45 – 16 h 00 Pause-café

16 h 00 – 17 h 00 Synthèse · Préparation du protocole comparatif de la troisième journée.

MERCREDI 21 OCTOBREAteliers 2 et 3 et clôture AfficherRéduire
ATELIER 2 · 9 H 00 – 11 H 45Architecture cognitive et épistémologique de Dialogia : sources, pluralité, vérification et supervision humaineAfficherRéduire

Animation: Zeyyad Saleh, Wael Saleh et Eissa Ali AlMannaei

Objectif : Examiner collectivement la manière dont Dialogia sélectionne, hiérarchise, mobilise et vérifie les connaissances nécessaires au dialogue interreligieux.

9 h 00 – 10 h 00 Évaluation indépendante · Qualité des sources, pluralité des traditions, contextualisation, biais et niveaux de certitude.

10 h 00 – 10 h 15 Pause-café

10 h 15 – 11 h 45 Comparaison avec Dialogia · Convergences, divergences, omissions, erreurs, biais, valeur ajoutée éventuelle et situations appelant une validation humaine.

Résultats attendus : protocole épistémologique, validation des sources, neutralité procédurale, correction et supervision humaine.

11 h 45 – 13 h 00 Déjeuner

ATELIER 3 · 13 H 00 – 15 H 15Évaluer et gouverner Dialogia : protocole comparatif, principes éthiques et feuille de routeAfficherRéduire

Vers un cadre commun d’évaluation et de développement scientifique

Objectif : Traduire les résultats des ateliers précédents en un cadre commun d’évaluation, de gouvernance et de développement scientifique de Dialogia.

13 h 00 – 13 h 45 Protocole comparatif · Dialogue sans IA, IA généraliste, Dialogia, médiation humaine et modèle hybride humain–IA.

13 h 45 – 14 h 30 Gouvernance · Supervision, validation des sources, contestation, responsabilité, dignité, pluralité, équité et transparence.

14 h 30 – 15 h 15 Feuille de route · Recherche, architecture, corpus, protocole expérimental, partenariats, publications et financement.

15 h 15 – 15 h 30 Pause-café

15 h 30 – 17 h 00 Restitution générale · Validation des résultats, conclusions et prochaines étapes de Dialogia.

17 h 00 ACTIVITÉS SPÉCIALES

1.Lancement officiel du groupe de travail sur le dialogue interreligieux assisté par l’intelligence artificielle, au sein de la Plateforme universitaire de recherche sur l’islam (PLURIEL) en collaboration avec :

•TRENDS Research & Advisory

•Université Saint-Joseph de Beyrouth

•Università degli Studi dell’Insubria (Varèse et Côme) – REDESM

•Institut dominicain d’études orientales (IDEO), Le Caire

•Université de Montréal

•Université du Québec à Montréal (UQAM)

•Faculté de théologie – Université catholique de Lyon

•Faculté de théologie, Université Loyola (Espagne)

2.Lancement expérimental de la plateforme DIALOGIA.

3.Annonce de la publication des actes du colloque à la rentrée universitaire 2027.

17 h 30 clôture officielle

PROGRAMME EN UN COUP D’ŒILAfficherRéduire

Horaires des principales séquences

LUNDI 19 OCTOBRE · COLLOQUE SCIENTIFIQUE
HoraireSéquenceRepère
8 h 30–9 h 15Accueil & ouvertureAccueil des participants puis présentation des objectifs scientifiques
9 h 15–11 h 00SESSION 1Connaissance, discours et représentations du religieux
11 h 00–11 h 15Pause-caféTransition
11 h 15–13 h 00SESSION 2Concepts, agentivité et limites de la médiation
13 h 00–14 h 00DéjeunerPause repas
14 h 00–15 h 45SESSION 3Polarisation, prévention et transformation dialogique
15 h 45–16 h 00Pause-caféTransition
16 h 00–17 h 00Discussion transversalePluralité, autorité, qualité dialogique, sources et supervision
MARDI 20 OCTOBRE · De la réflexion scientifique à la co-conception
HoraireSéquenceRepère
9 h 00–11 h 30SESSION 4Humaniser, éthiciser et gouverner l’IA
11 h 30–11 h 45Pause-caféTransition
11 h 45–15 h 45ATELIER 1Tester le parcours de médiation dialogique de Dialogia
15 h 45–16 h 00Pause-caféTransition
16 h 00–17 h 00SynthèsePréparation du protocole comparatif
MERCREDI 21 OCTOBRE · Expérimentation, validation et gouvernance
HoraireSéquenceRepère
9 h 00–11 h 45ATELIER 2Sources, pluralité, vérification et supervision humaine
11 h 45–13 h 00DéjeunerPause repas
13 h 00–15 h 15ATELIER 3Protocole comparatif, principes éthiques et feuille de route
15 h 15–15 h 30Pause-caféTransition
15 h 30–17 h 30ACTIVITÉS SPÉCIALES · Restitution & clôtureValidation des résultats, conclusions et prochaines étapes
ATELIERSAfficherRéduire

Les ateliers comparent l’analyse humaine et les réponses de Dialogia afin de préciser les sources, les critères de qualité dialogique, les possibilités de correction et la supervision scientifique et éthique.

Animation des trois ateliers :

Zeyyad Saleh, Wael Saleh et Eissa Ali AlMannaei.

Participants aux ateliers :

Antonio Angelucci · Anthony J. El Beainy · Patrice Brodeur · André Daher · Jean Druel · Chadi El Kahwaji · Adrien de Fouchier · Raphaël Georgy

· Renée Hattar · Hamad Al Hosani · Hazar Haidar · Karim Kardady · Karsten Lehmann · Violaine Lemay · Emmanuel Pisani · Heather Miller Rubens · Raja Sakrani · Wassim Salman

· Michel Younès

Résumés des communications

Résumés des communications

RÉSUMÉS DES COMMUNICATIONS · AXE 1 Intelligence artificielle et reconfiguration de la connaissance, du discours et de la représentation du religieuxAfficherRéduire
Michel Younès · Université catholique de Lyon (UCLy) / PLURIELVers une perspective renouvelée sur les anthropologies en dialogue à l’ère de l’intelligence artificielleAfficherRéduire

« Les croyants peuvent puiser à nouveau aux sources les plus authentiques de leurs traditions spirituelles ». Cette phrase tirée de la première encyclique de XIV, Magnifica humanitas, le 25 mai 2026, au paragraphe §223, aborde le rôle du dialogue interreligieux face à l’IA. Au moment où l’émergence des nouvelles technologies indique le déploiement d’une approche matérielle de la robotique humanoïde, l’encyclique invite à une réflexion qui prend sans cesse en compte la dimension immatérielle des relations humaines.

L’anthropologie sous-jacente à cette proposition invite à se poser autrement la question de la virtualité. Dans un contexte de diversité l’articulation entre virtualité et altérité permet-elle de « désarmer l’IA » d’une utilisation radicale et intégriste du discours religieux ? En quoi, les anthropologies religieuses en dialogue, particulièrement chrétienne et musulmane, constituent-elles une ressource pertinente pour aborder autrement ce changement fulgurant du monde ?

Jean Druel · Institut dominicain d’études orientales (IDEO), Le CaireRepenser la recherche bibliographique en études (inter)religieuses grâce à un agent conversationnelAfficherRéduire

Les bibliothèques spécialisées en sciences des religions conservent des fonds complexes où s'enchevêtrent éditions, traductions, commentaires et controverses. L'adoption du modèle IFLA-LRM/RDA permet aujourd'hui d'en structurer finement les réseaux d'œuvres et d'auteurs. Ainsi, le catalogue Diamond (et ses portails thématiques AlKindi en études islamiques, Albertus en études latines médiévales et Ignatios en études chrétiennes orientales) s'appuie sur une base de données LRM/RDA extrêmement précise, incluant toutes les relations entre maîtres et disciples, mais aussi entre œuvres (commentaires, réfutations, études…), ainsi que l'histoire éditoriale des œuvres (perdues, manuscrites, éditées, et traduites). Malheureusement, les outils de recherche traditionnels par mots-clés ou par sujet échouent à en montrer toute la richesse.

Cette communication présente un projet d'intégration d'un agent IA conversationnel adossé à Diamond. L'objectif est d'enrichir la recherche documentaire classique en dotant le catalogue d'une capacité de médiation : l'agent répond aux questions factuelles ou contextuelles de l'usager tout en le réorientant précisément vers les ressources du fonds. Il sera ainsi possible par exemple de rechercher les œuvres ou des auteurs arabes ayant eu une immense postérité en Orient mais n'ayant pas fait l'objet d'études en langues occidentales, d'identifier des manuscrits n'ayant jamais été édités, ou encore de repérer les auteurs ayant commenté des textes d'autres traditions que la leur. Nous verrons alors comment l'alliance de la rigueur des données au format LRM/RDA et du dialogue en langage naturel ouvre de nouvelles perspectives pour la découvrabilité des sources dans les études (inter)religieuses.

Raphaël Georgy · PLURIEL"Répondre comme un imam ?" Un débat de conception comme révélateur du seuil d'autoritéAfficherRéduire

« Un chatbot doit-il répondre comme un imam ? » Cette question s'est posée en réunion de conception, lors de l'élaboration d'Abdelkader, l'assistant conversationnel de la Grande Mosquée de Paris. Elle touche au cœur du colloque : jusqu'où une IA peut-elle aller, d'un outil qui assiste (chercher, traduire, résumer), à une instance qui médiatise (choisir, hiérarchiser, reformuler ce que d'autres ont dit), puis qui fait autorité (trancher elle-même, énoncer la norme, parler comme un imam) ? La communication se propose d'explorer la place de l'arbitrage humain dans cette question, et de montrer qu'il se joue en amont, dans la conception même de l'outil, avant tout usage. Les travaux sur la religion numérique ont montré que l'autorité religieuse en ligne ne s'impose pas d'elle-même : elle se construit dans les échanges et dépend des choix des communautés qui l'adoptent (Cheong, Campbell, Bunt). Je propose d'en préciser le lieu et le moment : la fabrique de l'outil. À partir de mon expérience de rapporteur du glossaire qui sert de base de connaissance à l'assistant, arbitré par deux commissions, l'une religieuse et l'autre civile, j'analyse le critère qui a été retenu (ancré mais ouvert : enraciné dans la tradition musulmane, mais donnant à comprendre plus qu'à défendre) et je le mets en regard d'un précédent historique propre à la tradition musulmane. J'en tire une grille de conditions pour une plateforme de dialogue interreligieux assistée par l'IA.

Adrien de Fouchier · Bibliothèque apostolique vaticaneNourrir l’IA avec des textes et métadonnéesAfficherRéduire

Le dialogue interreligieux souffre d'un manque de sources fiables, problème que les IA généralistes amplifient faute de corpus structuré car sans attribution précise (auteur, œuvre, contexte), l'IA produit un syncrétisme théologique flou.

Une solution proposée est un pipeline agentique en cinq étapes — OCR, identification des sources, curation par des experts, indexation vectorielle, puis IA de dialogue citant systématiquement ses sources. [Un exemple (question sur le pardon en islam) illustre la différence entre une réponse vague et une réponse sourcée citant le Coran, un hadith et des commentateurs reconnus.]

Les bénéfices espérés (confiance, nuances préservées, traçabilité) sont contrebalancés par des vigilances réelles : risque d'hallucination d'attribution, légitimité de la curation théologique, et risque de figer des traditions vivantes.

Wael Saleh · IEIM-UQAM / TRENDS / PLURIELRepenser la pluralité de l’islam contemporain et le dialogue au nom du religieux à l’ère de l’IA : une approche éthico-onto-épistémologiqueAfficherRéduire

Cette communication propose de repenser la représentation de la pluralité de l’islam contemporain à l’ère de l’intelligence artificielle, en interrogeant régimes de savoir, légitimation et autorité permettant un discours au nom du religieux. L’hypothèse centrale est que l’intelligence artificielle n’accède jamais à une réalité religieuse immédiate, mais à des représentations déjà configurées.

À partir de l’islam contemporain, la communication distingue deux niveaux de représentativité. Le premier, externe, relève des dispositifs de connaissance et de médiation qui construisent l’objet religieux. Le second, interne, concerne les mécanismes par lesquels acteurs, institutions et traditions déterminent ce qui peut être reconnu comme légitime, orthodoxe, représentatif ou marginal. Leur articulation produit une représentativité stratifiée, reconduisant des hiérarchies sous l’apparence d’une représentation générale de l’islam.

Face à ce risque, elle avance le concept de représentativité réflexive, capable d’expliciter ses conditions de production, de reconnaître la pluralité du religieux et de contextualiser les rapports d’autorité. L’intelligence artificielle devient un dispositif rendant visibles les conditions éthiques, ontologiques et épistémologiques du dialogue.

L’enjeu dépasse la technique. Il s’agit d’identifier les conditions permettant à l’intelligence artificielle de contribuer à un dialogue au nom du religieux sans transformer la pluralité en homogénéité, la médiation en autorité ni la représentation en substitution.

RÉSUMÉS DES COMMUNICATIONS · AXE 2 Repenser le dialogue interreligieux à l’ère de l’intelligence artificielle : concept, agentivité et limites de la médiationAfficherRéduire
Raja Sakrani · Université de Bonn / PLURIELL’intelligence artificielle, un substitut du divin ? Quelques conséquences pour le dialogue interreligieuxAfficherRéduire

Dans la quête du sacré perdu, les candidats n’ont pas manqué : les icônes de la beauté, Flanken götter (les dieux des tribunes), etc. Mais jamais une concurrence aussi puissante ne s’est manifestée qu’avec l’IA.

Cette thématique cherche à savoir comment le développement fulgurant de l’IA remet en question les conceptions traditionnelles de Dieu et quelles en sont les répercussions sur le dialogue entre les religions du monde ?

Aujourd´hui, on attribue à l’IA des caractéristiques classiquement réservées à Dieu :

• Omniscience : Les systèmes d’IA ont accès à l’ensemble des connaissances numériques de l’humanité et donnent l’impression d’avoir une réponse à toutes les questions.

• Omniprésence : Grâce aux Smartphones et à Internet, l’IA est disponible à tout moment et partout dans la vie quotidienne.

• Immortalité et pouvoir créateur : L’IA crée de nouveaux mondes, des œuvres d’art, des textes, et survit à la vie biologique.

Lorsque la technologie endosse un rôle quasi-religieux, cela modifie la manière dont les grandes religions mondiales (telles que le christianisme, le judaïsme, l’islam, le bouddhisme et l’hindouisme) dialoguent entre elles et avec la modernité. C´est d´ailleurs grâce à l'IA que l´on pourrait d´une manière instantanée et accessible à tous s´informer sur la doctrine de la Trinité, la signification des hadiths, le karma, etc. L´IA est ainsi le moyen de communication incontournable entre les religions.

Patrice Brodeur · Université de Montréal (UdeM)La communication interactive requise entre les utilisateurs de LLM et leurs plateformes d’IA générative peut-elle être comparée — et potentiellement devenir — une nouvelle forme de dialogue au sein ou au-delà du dialogue intervisionnel ?AfficherRéduire

S’appuyant sur de nombreuses formes et théories antérieures du dialogue dans la communication humaine (Littlejohn & Foss 2009, Livnat 2012, Cornille 2013, Driessen 2023), le dialogue intervisionnel (IWVD) (Brodeur 2022) est une forme de dialogue relativement nouvelle, théorisée de manière à inclure tous les êtres humains, avec leurs multiples identités inévitablement imbriquées dans des dynamiques de pouvoir. L’IWVD vise à offrir un cadre plus large que d’autres formes de dialogue, telles que les dialogues interculturel, interreligieux, interspirituel, interconvictionnel, intercivilisationnel et de solidarité, entre autres. Jusqu’à présent, cependant, l’IWVD tenait pour acquis que ses participants et ses facilitateurs étaient des êtres humains. Que se passe-t-il lorsque l’un des « partenaires de dialogue » est un agent d’IA(g) (c’est-à-dire une plateforme LLM) ? Quelle(s) nouvelle(s) forme(s) de « mutualité » devient/deviennent possible(s), ou non, dans ce nouveau type de communication humain-machine ? Les êtres humains doivent-ils élaborer de nouvelles règles, lignes directrices, normes ou clés pour ce type de communication interactive et, si oui, lesquelles ? Ces questions soulèvent de sérieuses préoccupations éthiques quant à la nature et aux limites possibles de l’agentivité humaine, de la communication humaine et de la médiation dans un nouvel environnement planétaire de l’Anthropocène.

Eissa Ali AlMannaei · TRENDS Research & AdvisoryQuand l’intelligence artificielle devient médiatrice : fiabilité, responsabilité et limites dans le dialogue interreligieuxAfficherRéduire

Cette communication examine les conditions dans lesquelles l’intelligence artificielle peut soutenir le dialogue interreligieux en tant que médiatrice sans se substituer au jugement humain, à la responsabilité ni à la compréhension contextuelle. S’appuyant sur les défis pratiques liés à la conception et à l’expérimentation d’une médiation dialogique assistée par l’IA, elle se concentre sur trois dimensions interdépendantes : la fiabilité, la responsabilité et les limites. La fiabilité concerne la qualité des sources, la représentation de la pluralité interne des traditions religieuses, la contextualisation et la distinction entre information vérifiable et interprétation. La responsabilité porte sur la détermination des acteurs qui demeurent redevables lorsqu’un système d’IA sélectionne, reformule, hiérarchise ou modère des contenus religieux sensibles, ainsi que sur l’organisation de la correction, de la contestation et de la supervision humaine. Les limites renvoient aux situations dans lesquelles l’intervention algorithmique peut se révéler inadéquate ou inappropriée, notamment lorsque sont en jeu l’identité, le traumatisme, des rapports de pouvoir asymétriques, des valeurs sacrées ou des désaccords profonds. La communication défend une approche « humain dans la boucle » (Human-in-the-Loop), dans laquelle l’IA contribue à la clarification, à la désessentialisation, à la reformulation, à la validation des sources et à l’identification des convergences et divergences, tandis que la responsabilité finale demeure humaine. Elle conclut en proposant des critères pratiques d’évaluation du dialogue médiatisé par l’IA, notamment l’explicabilité, l’exactitude contextuelle, la neutralité procédurale, la sécurité, la dignité, l’équité et une gouvernance transparente dans des modèles hybrides de médiation humain–IA adaptés à des contextes religieux, culturels et linguistiques divers. Ces critères visent à orienter la validation expérimentale de Dialogia ainsi que son cadre de gouvernance scientifique, éthique et institutionnelle.

Anne de Luca. Centre Thucydide (Panthéon-Assas)Le dialogue interreligieux à l’épreuve de l’IA : passer de l’illusion de maîtrise à la controverse fécondeAfficherRéduire

La mobilisation de l’IA au service du dialogue interreligieux questionne notre rapport à la complexité et à l’incertitude. Que ce soit dans le cadre de la prise de décision ou de la production de connaissance, l’IA est principalement appréciée pour sa capacité à lever l’incertitude et à rendre la complexité intelligible. Ce faisant, elle atténue voire supprime les frictions générées par la complexité. Pourtant, la friction peut être féconde et c’est bien souvent de la tension que naît la créativité et l’innovation. Dans le dialogue interreligieux, l’IA tend à proposer des réponses cohérentes qui estompent la complexité. Elle donne ainsi un sentiment de maîtrise du sujet avec des positions nettes qui réduisent, en apparence, le champ des incertitudes et les divergences.Et si la controverse n’était pas à éliminer mais à cultiver comme le substrat de nouveaux savoirs ? Si au lieu de chercher à lisser le désaccord pour aboutir à un consensus artificiel, on acceptait pleinement la complexité ? S’il s’agissait moins de résoudre les désaccords que de mieux les comprendre ?L’intervention portera ainsi sur la dynamique de la production de connaissance qui implique une tension entre la pensée complexe et une nécessaire simplification qui ne doit pas dériver vers l’écueil du simplisme ; il s’agira de revenir sur l’idée selon laquelle le désaccord équivaudrait à un échec du dialogue et d’aborder l’IA non pas comme une encyclopédie mais bien comme un levier de controverse, utile à la progression de la connaissance.

Anthony J. El Beainy · Université Saint-Joseph de BeyrouthHabiter le dialogue sans habiter la foi : L’IA comme médiateur interreligieuxAfficherRéduire

Entre la mémoire des religions et le désir de s’interconnecter, l'intelligence artificielle fait apparaître un espace intermédiaire. Cet environnement numérique pose un double défi : comment construire un espace commun sans effacer la singularité des croyances et des traditions, dans un contexte comme le Liban, et comment une machine peut-elle médier une expérience spirituelle à laquelle elle demeure étrangère ?

À l'intersection de l'architecture, de la philosophie et de la technologie, cette présentation explore le paradoxe d'une médiation « sans foi ». En nous appuyant sur le concept d’« hospitalité langagière » de Paul Ricœur, nous soutenons que l'IA ne doit pas être conçue comme un médiateur cherchant à créer un consensus, mais comme une infrastructure d'inter-traduction permettant à chacune de comprendre l’autre tout en préservant leurs différences.

Parce qu'elle ne croit pas, l'extériorité de l'IA devient sa force : elle lui permet de traduire et d'articuler les énoncés sans annexer la différence de l'autre. L'IA offre ainsi un espace neutre de rencontre où elle aide les différentes religions à mieux se comprendre sans réduire le mystère de leur foi. Enfin, au cœur du dialogue demeure l’humain, qui seul peut faire de la compréhension une rencontre, et de la rencontre une expérience de foi.

Chadi El Kahwaji · Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ) / AUBDe la narration à la médiation : l’IA générative comme tiers interprétant du dialogue interreligieux dans le récit arabe contemporainAfficherRéduire

Cette proposition s’inscrit dans l’axe 2 de Dialogia : elle étudie le passage de l’IA générative de l’assistance à la médiation, jusqu’au rôle d’un tiers interprétant participant à la reconstruction du sens. Elle porte sur le récit arabe contemporain de l’altérité religieuse, confessionnelle ou culturelle. Elle demande : que devient le dialogue lorsque le système reformule les positions, contextualise le désaccord et propose un terrain commun, plutôt que d’expliquer le texte ? L’hypothèse est que cette médiation peut favoriser l’intercompréhension, mais aplanir la polyphonie, l’ambiguïté et la tension historique au profit d’identités fixes et d’une réconciliation générale.

Elle analyse deux passages : la scène du baptême dans « شريد المنازل » «Saint Georges regardait ailleurs« de Jabbour Douaihy et, dans « يوسف الإنجليزي » «Yusuf Al Inglizi» de Rabee Jaber, l’appel à la prière et la nouvelle de la conversion à l’islam du pasteur Shafard. Ce corpus, non exhaustif, prépare une recherche ultérieure. Chaque extrait est lu littérairement et soumis à trois interactions : expliquer le désaccord, reformuler les positions et intervenir comme tiers interprétant. L’analyse vérifie la source de la parole, la polyphonie, les degrés de certitude, le contexte et les ajouts non fondés textuellement.

Les résultats préliminaires montrent que le système saisit l’événement général, mais le réécrit selon un modèle rationnel et le remplace par un consensus préétabli. Le secret, l’urgence et la réversibilité du baptême deviennent une décision assumée ; les strates d’énonciation, de mémoire et de récit collectif s’aplanissent dans l’appel à la prière. L’étude sera élargie à d’autres passages, modèles et indicateurs.

RÉSUMÉS DES COMMUNICATIONS · AXE 3 De la polarisation à la transformation dialogique dans l’espace numériqueAfficherRéduire
Heather Miller Rubens · Institut d’études islamiques, chrétiennes et juives (ICJS), BaltimoreDéveloppement du référentiel interreligieux ICJS 1.0 : considérations et choix méthodologiquesAfficherRéduire

Comment les plateformes d’IA répondent-elles actuellement aux questions interconvictionnelles et interreligieuses ? Pour répondre à cette question, l’Institut d’études islamiques, chrétiennes et juives (ICJS) développe un référentiel d’évaluation de l’IA fondé sur des exigences académiques, visant à examiner systématiquement la manière dont les modèles de pointe de type LLM (p. ex. Claude, Gemini, Grok, etc.) répondent aux questions interreligieuses et interconvictionnelles. Le référentiel interreligieux ICJS 1.0 mesurera et évaluera les réponses des plateformes à un ensemble diversifié de questions portant sur l’islam, le christianisme et le judaïsme, en appréciant l’exactitude factuelle et la présence de discours haineux, tout en tenant compte de la diversité interne des traditions religieuses et de formes plus subtiles de biais. Dans cette communication, je présenterai les travaux réalisés à ce jour et inviterai les participants à discuter des choix et considérations méthodologiques relatifs au référentiel, notamment la grille d’évaluation, l’intégration d’évaluateurs humains experts et les perspectives d’élargissement et d’amélioration des futurs référentiels.

Karim Kardady · Université de Montréal / PLURIELRadicalisation violente au nom de l’islam des jeunes en contexte numérique : de la polarisation à la prévention, quels apports de l’intelligence artificielle ?AfficherRéduire

Notre communication propose une réflexion critique sur la radicalisation violente au nom de l’islam des jeunes en contexte numérique et sur la place que pourrait occuper l’intelligence artificielle dans les démarches contemporaines de prévention. Elle part du constat que les trajectoires de cette forme de radicalisation ne peuvent être expliquées par la seule influence des technologies : elles s’inscrivent dans des dynamiques identitaires, relationnelles, sociales, politiques et religieuses complexes, auxquelles les environnements numériques confèrent cependant de nouvelles formes de visibilité, de circulation et d’intensification.

Dans une perspective de dialogue interreligieux assisté par et en dialogue avec l’IA, notre réflexion vise à interroger la manière dont les technologies algorithmiques transforment simultanément les conditions de la polarisation, les possibilités de médiation et les pratiques préventives destinées aux jeunes.

À partir d’une lecture croisée de travaux internationaux et de recherches scientifiques arabophones, notre démarche visera à examiner les promesses associées à l’IA sans dissocier celles-ci de leurs limites méthodologiques, éthiques et interculturelles. Une attention particulière sera portée à la contextualisation linguistique et religieuse, à la protection des droits ainsi qu’à la place des acteurs humains.

Hamad Al Hosani · TRENDS Research & AdvisoryDe la polarisation numérique à l’extrémisme idéologique : comment les groupes extrémistes et terroristes utilisent l’intelligence artificielle et quels défis en découlentAfficherRéduire

Cette communication examine la manière dont les groupes extrémistes et terroristes intègrent l’intelligence artificielle à leurs stratégies numériques et la façon dont ces évolutions reconfigurent le paysage sécuritaire. Adoptant la perspective des études sur le terrorisme et l’extrémisme, elle s’intéresse à l’usage opérationnel de l’IA générative pour la production de propagande, le recrutement, le ciblage idéologique, l’adaptation des récits, les médias synthétiques et l’amplification de contenus polarisants dans des environnements numériques multilingues. Une attention particulière est accordée à la manière dont les acteurs extrémistes exploitent des griefs sociaux existants, des tensions identitaires et des conflits politiques, en utilisant l’IA non comme une cause autonome de radicalisation, mais comme un multiplicateur de force qui accroît la vitesse, l’ampleur, la personnalisation et la résilience de la communication extrémiste.

La communication examine également les implications pour le Moyen-Orient et d’autres régions interconnectées, où les réseaux transnationaux, les plateformes chiffrées et l’évolution rapide des écosystèmes informationnels compliquent la détection, l’attribution et la prévention. Elle soutient que des réponses efficaces exigent davantage que des contre-mesures technologiques. Elles doivent conjuguer veille stratégique, expertise humaine, connaissance contextuelle, coopération entre plateformes, gouvernance responsable de l’IA et politiques préventives s’attaquant aux facteurs idéologiques et sociaux de l’extrémisme. La communication conclut en proposant un cadre équilibré qui renforce la sécurité tout en préservant la supervision humaine, la proportionnalité et les droits fondamentaux. Cette approche souligne également l’importance de la prévention précoce et d’une coordination institutionnelle internationale durable.

André Daher · Université Antonine, LibanDe l’intelligence artificielle à l’intelligence dialogique : éduquer à la rencontre de l’autre dans un monde interreligieuxAfficherRéduire

Dans des sociétés marquées par une pluralité culturelle et religieuse croissante, l’éducation au dialogue interreligieux constitue un enjeu majeur du vivre-ensemble. L’école, lorsqu’elle accueille des élèves issus de traditions différentes, peut devenir un espace privilégié de rencontre, d’écoute et de discernement. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre sur les religions, mais d’apprendre à rencontrer l’autre, à confronter les points de vue, à dépasser les stéréotypes et à construire un terrain commun sans effacer les différences.

L’essor de l’intelligence artificielle introduit une dimension dans cette mission éducative. L’IA facilite l’accès aux savoirs religieux et la mise en visibilité de perspectives. Mais elle peut également reformuler, simplifier ou hiérarchiser les discours religieux, reproduire des biais et transformer les conditions de la médiation et du dialogue.

À partir de l’expérience d’un établissement scolaire interreligieux, cette contribution interroge le passage d’une IA conçue comme outil d’assistance à une IA médiatrice ou interlocutrice. Elle propose le concept d’«intelligence dialogique » pour désigner une compétence fondée sur l’écoute, la décentration, le discernement, la reconnaissance de l’altérité et la responsabilité. L’enjeu est de penser une éducation qui utilise l’IA sans lui déléguer le jugement humain, et qui fasse du dialogue interreligieux un apprentissage de la rencontre.

Renée Hattar · Università Cattolica del Sacro Cuore, Milan / PLURIELDe l’écoute à la rencontre : la musique sacrée comme instrument du dialogue interreligieux à l’ère de l’intelligence artificielleAfficherRéduire

Depuis les premiers siècles du Christianisme, la musique sacrée exprime la relation de l’être humain avec le Sacré et représente une tradition spirituelle, religieuse et culturelle enracinée et préservée dans les langues et rites liturgiques des différentes Églises. S’appuyant sur des recherches antérieures qui identifient la musique sacrée comme un instrument non violent du dialogue interreligieux, cet article explore le rôle de la musique sacrée dans la création d’espaces sûrs et créatifs pour le dialogue interreligieux, tout en prenant en compte ses caractéristiques distinctives. Une attention sera accordée aux influences et aux échanges entre les traditions de la musique sacrée (chrétienne) au Levant, les traditions musicales islamiques et la musique arabe. A l’ère de l’intelligence artificielle, qui offre de nombreuses possibilités et d’outils, surtout en ce qui concerne la préservation et l’archivage de ces traditions, des défis apparaissent, y compris le risque de transformer la musique en données. Dans ce processus, des œuvres peuvent risquer de disparaître, non pas en termes des sons, mais en termes du sens profond et d’expression spirituelle de la relation entre l’être humain et Dieu. Cet article explore les principes du dialogue comme une rencontre authentique, au cours de laquelle l’écoute et l’empathie requièrent de l’intelligence humaine.

RÉSUMÉS DES COMMUNICATIONS · AXE 4 Humaniser, éthiciser et gouverner l’intelligence artificielle dans les contextes religieuxAfficherRéduire
Violaine Lemay · Université de Montréal (UdeM)Valeurs philosophiques et religieuses : vertu protectrice de la mobilité intellectuelle et danger immobilisant du réflexe technopolitique caché qu’impose déjà le recours standard à l’IAAfficherRéduire

Gouverner de façon éclairée n’est pas facile. Engager la compétence coûte cher. Intégrer toute information utile est démesuré. Le potentiel de l’IA comme outil de gestion organisationnelle et d’action politique adaptée à un maximum de données est immense. L’état d’esprit commun dans lequel s’engage aujourd’hui le réflexe de recours à l’IA est par contre alarmant. Les standards de construction des algorithmes, qui structurent en silence la façon dominante d’y recourir, sont le fruit de politiques centrées sur l’intérêt financier, égoïste et privé, des puissances économiques qui en ont massivement financé l’avancement rapide. Tous ces standards reposent sur une seule et même idée : il est avantageux de construire une suite d’instructions logiques permettant à l’ordinateur d’arriver à des décisions autonomes parce que cela réduit le fardeau décisionnel humain, donc les coûts élevés d’un personnel compétent. Une question cruciale, en pareil contexte, demeure régulièrement passée sous silence… Qu’en est-il de l’avantage non pas économique, mais éthique, politique, juridique et religieux, d’une décision humaine qui coûte plus cher, mais qui demeure capable, au besoin, de s’émanciper d’une chaîne rigide d’instructions lorsqu’elle conduit, dans les faits, à sacrifier les valeurs humaines au rendement économique?

À partir de la « danse » de la capacité de jugement chez Luc Boltanski et de Laurent Thévenot et du « technopolitique » au sens où l’entend Asma Mhalla, la communication observe la mobilité intellectuelle comme caractéristique précieuse de l’action humaine éclairée et le lourd potentiel d’entrave à cette mobilité d’un recours à l’IA indûment distancié des réflexes collectifs silencieux, mais déjà construits par l’usage dominant.

Wassim Salman · Institut pontifical d’études arabes et d’islamologie (PISAI), Rome / PLURIELHumanité, médiation et responsabilité : penser le dialogue interreligieux assisté par l’intelligence artificielle à la lumière de Magnifica humanitasAfficherRéduire

Cette intervention examine les enjeux éthiques et anthropologiques du dialogue interreligieux assisté par l’intelligence artificielle (IA) à la lumière de l’encyclique Magnifica humanitas. Alors que le développement technologique transforme profondément la communication et les relations sociales, le texte pontifical réaffirme la primauté de la personne humaine et rejette toute réduction de l’individu à des données statistiques ou fonctionnelles. Bien que l’IA puisse constituer une aide précieuse pour l’accès aux textes sacrés et la recherche de connaissances, elle demeure confinée à une logique dépourvue de conscience morale, d’empathie et de profondeur spirituelle. Dès lors, la simulation d’une autorité sacrée par des algorithmes pose de graves risques de nivellement théologique, de manipulation et d’altération de la vérité. Pour dépasser le paradigme technocratique, Magnifica humanitas préconise une responsabilité éthique partagée et une gouvernance transparente. L’IA ne doit pas servir une culture de la puissance ou du contrôle, mais être orientée vers une civilisation de l’amour et de la paix. Dans cette perspective, la médiation numérique dans le dialogue interreligieux exige une discipline rigoureuse afin de préserver la pluralité des traditions, de promouvoir la tolérance et de mettre la technologie au service de la fraternité humaine.

Emmanuel Pisani · Institut dominicain d’études orientales (IDEO), Le Caire / PLURIELIA et savants musulmans. Réactions et premières évaluations en éthique islamique.AfficherRéduire

Dans le contexte où l’intelligence artificielle bouleverse le savoir islamique jusqu’à l’automatisation de fatwas, les savants musulmans peinent à statuer sur son statut : s’agit-il d’un outil documentaire ? d’un assistant au service du fāqih ? Est-il un possible concurrent de l’autorité religieuse comme interface avec le croyant capable d’engager une responsabilité morale ? Notre communication présentera la réflexion et le positionnement de plusieurs savants musulmans notamment autour du cheikh Abdallah bin Bayyah, président du Conseil des fatwas des Émirats arabes unis, qui plaide pour un ijtihād institutionnel encadrant l’IA ou le cheikh Hichem Ben Mahmoud, mufti de la République tunisienne, pour qui l’intelligence artificielle impose « un nouvel effort de réflexion » articulé aux maqāṣid al-šarīʿa. Nous rendrons compte aussi des prises de position du 10ème congrès de 2025 organisé par Dar al-Iftāʾ al-Miṣriyya et qui porta sur le thème « Former le mufti éclairé à l’ère de l’intelligence artificielle ».

Antonio Angelucci · Università degli Studi dell’Insubria – REDESM, ItalieQui écrit la constitution de l’algorithme ? Trois limites juridiques pour une IA passant de l’assistance à la médiation du dialogue interreligieuxAfficherRéduire

Lorsqu’un système d’intelligence artificielle interprète le discours religieux, reformule des positions et rend visibles des perspectives, il ne se contente plus d’assister le dialogue interreligieux : il le médiatise et, à la limite, y prend part. Un système qui assiste agit sur l’information ; un système qui médiatise agit sur les personnes, sur leur identité confessionnelle et leur vulnérabilité spirituelle, et classe ainsi le religieux en le hiérarchisant. L’assistance peut être encadrée par une éthique de l’usage ; la médiation exige une constitution. La première question est donc de savoir qui a l’autorité pour l’écrire. En s’appuyant de manière critique sur les notions de sécurité de l’IA (AI safety) et d’IA constitutionnelle (Constitutional AI), la communication soutient que les principes contraignant un système intervenant dans le champ religieux ne peuvent être choisis par des acteurs privés : ils doivent être hétéronomes à l’égard de ceux qui produisent la technologie et fondés sur le droit public, les droits fondamentaux, la laïcité et le pluralisme constitutionnel, tels qu’ils sont déjà articulés aux différents niveaux de la Convention européenne des droits de l’homme, du droit de l’Union européenne et des constitutions nationales. Trois limites juridiques sont déduites de ce cadre, chacune étant mise en regard d’un paradigme historique propre aux institutions religieuses traitant des informations sensibles : l’interdiction d’orienter les choix spirituels ; l’exclusion de tout contrôle de l’orthodoxie, qui donne un contenu juridique à la neutralité procédurale ; et l’inscription du profilage religieux dans l’ensemble du dispositif du RGPD. Ces trois limites sont enfin traduites en critères opérationnels pour le protocole Dialogia, sous la forme de trois questions à ajouter à la grille comparant l’évaluation humaine et algorithmique. Tant que la responsabilité ne peut être attribuée à la machine, l’interlocuteur d’IA demeure une métaphore : le dialogue reste entre humains, médiatisé par un artefact dont les humains écrivent la constitution.

Karsten Lehmann · KPH Wien/Niederösterreich / Université de VienneApproches ambivalentes des professionnels religieux vis-à-vis de l’IAAfficherRéduire

La communication proposée repose sur un pré-test empirique du projet ZORA, dont le démarrage est espéré en 2027. Elle s’appuie sur des entretiens d’experts menés auprès de professionnels de l’action sociale au sujet de l’usage de l’IA dans le contexte des activités sociales à caractère religieux à Vienne, en Autriche. À ce stade, les entretiens font apparaître cinq caractéristiques communes : (a) tous les interlocuteurs manifestent un intérêt substantiel pour les développements liés à l’IA, tout en estimant ne disposer que d’une expertise limitée dans ce domaine ; (b) ils constatent un écart de connaissances entre les membres ordinaires et les professionnels occupant des fonctions de direction ; (c) ils établissent une distinction nette entre l’usage de l’IA à des fins professionnelles et son usage dans les questions religieuses ; (d) ils soulignent qu’ils utilisent déjà l’IA dans certains domaines ; (e) ils considèrent que l’IA gagne rapidement en importance et qu’elle influencera de plus en plus leur travail quotidien.

Parallèlement, les entretiens mettent en évidence trois différences distinctes : (a) ils reflètent les structures organisationnelles propres aux traditions religieuses en Autriche ; (b) ils révèlent une différence substantielle quant au degré de légitimation théologique des questions liées à l’IA ; (c) ils montrent que les professionnels catholiques et sunnites à Vienne s’inscrivent dans des contextes socioculturels très différents.

Hazar Haidar · UQAR / OBVIAGouverner une IA médiatrice du religieux : quels principes éthiques, quelles limites ?AfficherRéduire

Cette communication propose d’examiner les conditions éthiques de gouvernance d’une IA appelée à intervenir dans des contextes marqués par la pluralité des croyances, des traditions et des interprétations religieuses. L’enjeu consiste à réfléchir au rôle que peut jouer une IA lorsqu’elle agit comme intermédiaire dans la production, la sélection, la hiérarchisation ou la reformulation de contenus religieux, ainsi qu’à ce que nous sommes prêts à lui déléguer dans ces espaces de dialogue. À partir des travaux en éthique et en gouvernance de l’IA, la présentation analysera plusieurs principes susceptibles d’encadrer cette médiation algorithmique : la transparence des sources et des processus de génération, la responsabilité des acteurs qui développent et déploient ces systèmes, la contestabilité des représentations religieuses produites ainsi que la participation des communautés concernées à leur gouvernance. Elle s’interrogera plus particulièrement sur les conditions dans lesquelles une IA peut intervenir dans des espaces de dialogue religieux sans se substituer aux communautés interprétatives. Il s’agira enfin de discuter des limites éthiques de cette intervention afin de préserver la diversité des interprétations, l’autonomie des communautés concernées et la centralité du jugement humain.

Zeyyad Saleh · Université de MontréalPlateforme Dialogia — Dialogue interreligieux « assisté par » et « en dialogue avec » l’IA : concepts, approches et défisAfficherRéduire

Cette communication présente Dialogia sous l’angle de sa conception, de son développement et de son évaluation expérimentale. Conçue comme une plateforme de recherche pour le dialogue interreligieux assisté par et mené en dialogue avec l’intelligence artificielle, Dialogia explore la manière dont les grands modèles de langage peuvent soutenir une interaction structurée sans se substituer au jugement ni à la responsabilité humaine. S’appuyant sur une expérience de la conception et de l’évaluation de recherches assistées par l’IA, la communication se concentre sur l’architecture de la plateforme, sa logique conversationnelle et les critères nécessaires pour évaluer la qualité de ses résultats.

Une attention particulière est accordée à la fiabilité des sources, à la contextualisation, à la représentation de la pluralité interne des traditions religieuses, aux performances multilingues, aux biais, à l’explicabilité et aux risques d’essentialisation de traditions complexes. La communication examine également la manière dont Dialogia peut intégrer une supervision humaine aux étapes critiques du processus dialogique, en particulier lorsque le désaccord porte sur des questions sensibles d’ordre religieux, politique ou identitaire.

Plutôt que de présenter Dialogia comme une solution technologique achevée, la communication la conçoit comme un prototype de recherche évolutif, destiné à être testé de manière comparative par rapport aux systèmes d’IA généralistes et à la médiation humaine. Son argument central est que la valeur de l’IA dans le dialogue interreligieux ne réside pas dans une médiation autonome, mais dans sa capacité à soutenir la clarification, la comparaison, la reformulation et la réflexion structurée au sein d’un cadre transparent, testable et gouverné par l’humain, dans des contextes religieux et culturels divers à l’échelle mondiale.

REPÈRES PRATIQUES

Informations pratiques

19–21 OCTOBRE 2026 · UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

SALLE C‑3061, Carrefour des arts et des sciences

Pavillon Lionel-Groulx, 3150, rue Jean-Brillant

Livret officiel — Français

Inscription

En présentiel et en ligne

La participation est possible en présentiel à Montréal et en ligne. Une inscription préalable est obligatoire. La participation en présentiel est limitée à 70 personnes seulement, en raison de la capacité limitée de la salle.

S’inscrire

Participation internationale

Une rencontre internationale

Les participants représentent 10 pays : le Canada, les Émirats arabes unis, la France, l’Égypte, l’Allemagne, le Liban, l’Italie, l’Autriche, les États-Unis et la Cité du Vatican.

Pendant trois jours, du 19 au 21 octobre 2026 à Montréal, au Canada, des chercheurs et des experts examineront la manière dont l’intelligence artificielle transforme les connaissances, les discours religieux et les représentations du religieux ; les limites de son passage possible d’un outil d’assistance à un médiateur dans le dialogue interreligieux ; ainsi que des questions plus larges liées à la polarisation numérique, à la médiation dialogique, à l’autorité religieuse, à la fiabilité des sources, à l’éthique de l’IA et à sa gouvernance.

Le programme associe un colloque scientifique international à des ateliers de recherche et d’expérimentation. Il comprendra également le lancement officiel du Groupe de travail sur le dialogue interreligieux assisté par l’IA et le lancement expérimental de la plateforme DIALOGIA, dans le cadre d’une initiative de recherche internationale visant à élaborer de nouveaux modèles scientifiques et éthiques pour un dialogue interreligieux à la fois « assisté par » et « en dialogue avec » l’intelligence artificielle.

SCIENTIFIC CONFERENCE · RESEARCH WORKSHOPS

Interreligious Dialogue “Assisted by”and “in Dialogue with” AI

Concepts, Approaches and Challenges

SCIENTIFIC FRAMEWORK

Why Think Artificial Intelligence and Interreligious Dialogue Together?

The religious field is undergoing a profound transformation under the impact of the rise of generative artificial intelligence and digital environments. Technology is no longer merely a vehicle for transmitting knowledge or religious discourse. It intervenes in the production, selection, prioritization and reformulation of information, while also participating in the construction of reciprocal representations among individuals, communities and traditions. Digital spaces can amplify stereotypes, disinformation, polarization and hatred, but they can also foster translation, contextualization, verification, mediation and mutual understanding. The project brings together the humanities, religious studies and intelligent technologies to examine the conditions for using AI in ways that respect plurality and human dignity.

Read moreExpandCollapse

The conference therefore does not merely ask how artificial intelligence can be used in interreligious dialogue. It examines the transformations that AI introduces into the very structure of knowledge, mediation and dialogue. When systems interpret discourse, mobilize sources, reformulate positions, clarify statements and make perspectives visible, they move from assistance to mediation, and even toward interlocution. This evolution requires us to rethink agency, understanding, responsibility and the boundaries between human initiative and algorithmic intervention.

Conversely, the reflection also considers what religious studies, philosophy, ethics and mediation practices can contribute to the development of AI. The project therefore places the humanization, ethicization and governance of AI at the heart of its approach. The aim is to integrate dignity, plurality, equity and responsibility into the design, use and evaluation of systems, while keeping human expertise at the center of verification and decision-making.

CENTRAL RESEARCH QUESTION

How does artificial intelligence reconfigure knowledge, discourse, representations of religion and interreligious dialogue? How far can we move from AI conceived as a support tool to AI as a mediator, or even as an interactive interlocutor, without reducing religious plurality or weakening the centrality of the human? Under what epistemological, ethical and governance conditions can this relationship foster a nuanced understanding of difference and the construction of common ground?

FOUR SCIENTIFIC AXES

1

Artificial Intelligence and the Reconfiguration of Knowledge, Discourse and Representations of Religion

2

Rethinking Interreligious Dialogue in the Age of Artificial Intelligence: Concept, Agency and Limits of Mediation

3

From Polarization to Dialogical Transformation in Digital Space: Analyzing the Structure of Disagreement and Measuring the Quality of Dialogue

4

Humanizing, Ethicizing and Governing Artificial Intelligence in Religious Contexts

Program

Detailed program

Download the booklet

FORMAT

The scientific conference will take place on 19 October and on the morning of 20 October. The research, experimentation and validation workshops devoted to Dialogia will be held on the afternoon of 20 October and throughout 21 October.

MONDAY 19 OCTOBEROPENING · SESSIONS 1, 2 AND 3ExpandCollapse

8 h 30 – 9 h 00 Participant welcome

9 h 00 – 9 h 15 Opening and presentation of the scientific objectives (SCIENTIFIC COMMITTEE) *

SESSION 1 · 9 H 15 – 11 H 00Artificial intelligence and the reconfiguration of knowledge, discourse and representations of religionExpandCollapse

Moderator: Patrice Brodeur

Michel Younès — Catholic University of Lyon (UCLy) / PLURIEL

Toward a Renewed Perspective on Anthropologies in Dialogue in the Age of AI

Jean Druel — Dominican Institute for Oriental Studies (IDEO), Cairo

Rethinking Bibliographic Research in (Inter)religious Studies through a Conversational Agent

Raphaël Georgy — PLURIEL

“Answer Like an Imam?” A Design Debate Revealing the Threshold of Authority

Adrien de Fouchier — Vatican Apostolic Library

Feeding AI with Texts and Metadata

Wael Saleh — IEIM-UQAM / TRENDS / PLURIEL

Rethinking the Plurality of Contemporary Islam and Dialogue in the Name of Religion in the Age of AI: An Ethical-Onto-Epistemological Approach

10 h 30 – 11 h 00 General discussion

11 h 00 – 11 h 15 Coffee break

SESSION 2 · 11 H 15 – 13 H 00Rethinking Interreligious Dialogue in the Age of Artificial Intelligence: Concepts, Agency and Limits of MediationExpandCollapse

Moderator: Michel Younès

Raja Sakrani — University of Bonn / PLURIEL

Artificial Intelligence, a Substitute for the Divine? Some Consequences for Interreligious Dialogue

Patrice Brodeur — University of Montreal (UdeM)

Can the Interactive Communication Required between LLM Users and their Generative AI Platforms be compared—and potentially become—a new form of Dialogue within or beyond Interworldview Dialogue?

Eissa Ali AlMannaei — TRENDS Research & Advisory

When Artificial Intelligence Becomes a Mediator: Reliability, Responsibility and Limits in Interreligious Dialogue

Anne de Luca—Thucydide Center (Paris-Panthéon-Assas University)

Interreligious Dialogue Put to the Test by AI: Moving from the Illusion of Mastery to Productive Controversy

Anthony J. El Beainy — Saint Joseph University of Beirut (USJ)

Inhabiting Dialogue Without Inhabiting Faith: AI as an Interreligious Mediator

Chadi El Kahwaji — Saint Joseph University of Beirut (USJ) / AUB

From Narrative to Mediation: Generative AI as an Interpretive Third Party in Interreligious Dialogue in Contemporary Arabic Narrative

12 h 30 – 13 h 00 General discussion

13 h 00 – 14 h 00 Lunch

SESSION 3 · 14 H 00 – 15 H 15From Polarization to Dialogical Transformation in the Digital Age: Analyzing Disagreement and Building EncounterExpandCollapse

Moderator: Emmanuel Pisani

Heather Miller Rubens — Institute for Islamic, Christian, and Jewish Studies (ICJS), Baltimore

Developing the ICJS Interfaith Benchmark 1.0: Methodological Considerations & Choices

Karim Kardady — University of Montreal / PLURIEL

Violent Radicalization in the Name of Islam among Young People in Digital Contexts: From Polarization to Prevention—What Can Artificial Intelligence Contribute?

Hamad Al Hosani — TRENDS Research & Advisory

From Digital Polarization to Ideological Extremism: How Extremist and Terrorist Groups Use Artificial Intelligence and the Challenges That Follow

André Daher — Antonine University, Lebanon

From Artificial Intelligence to Dialogical Intelligence: Educating for Encounter with the Other in an Interreligious World

Renée Hattar — Università Cattolica del Sacro Cuore, Milan / PLURIEL

From Listening to Encounter: Sacred Music as an Instrument of Interreligious Dialogue in the Age of Artificial Intelligence

15 h 15 – 15 h 45 General discussion

15 h 45 – 16 h 00 Coffee break

16 H 00 – 17 H 00 · CROSS-CUTTING DISCUSSION

Plurality, authority, dialogical quality, sources, responsibility and human oversight.

This sequence connects the first three axes and prepares the transition from scientific reflection to the experimentation and validation workshops devoted to Dialogia.

17 H 00 · END OF DAY ONE

Closing of the scientific day and preparation of the co-design sequence on 20 October.

TUESDAY 20 OCTOBERSESSION 4 AND WORKSHOP 1ExpandCollapse
SESSION 4 · 9 H 00 – 11 H 30Humanizing, Ethicizing and Governing Artificial Intelligence in Religious ContextsExpandCollapse

Moderator: Wael Saleh

Violaine Lemay — University of Montreal (UdeM)

Philosophical and Religious Values: The Protective Virtue of Intellectual Mobility and the Immobilizing Danger of the Hidden Technopolitical Reflex Already Imposed by the Standard Use of AI

Lyse Langlois —Universite Laval / OBVIA

The title will be announced shortly.

Wassim Salman — Pontifical Institute for Arabic and Islamic Studies (PISAI), Rome / PLURIEL

Humanity, Mediation and Responsibility: Thinking about AI-Assisted Interreligious Dialogue in Light of Magnifica humanitas

Emmanuel Pisani — Dominican Institute for Oriental Studies (IDEO), Cairo / PLURIEL

AI and Muslim Scholars: Reactions and Initial Assessments in Islamic Ethics.

Antonio Angelucci — Università degli Studi dell’Insubria – REDESM, Italy

Who Writes the Constitution of the Algorithm? Three Legal Limits for an AI Moving from Assisting to Mediating Interreligious Dialogue

Karsten Lehmann — KPH Wien/Niederösterreich / University of Vienna

Ambivalent approaches of religious professionals vis-à-vis AI

Hazar Haidar — UQAR / OBVIA

Governing an AI Mediator of Religion: What Ethical Principles, What Limits?

Zeyyad Saleh — University of Montreal

Dialogia Platform — Interreligious Dialogue “Assisted by” and “in Dialogue with” AI: Concepts, Approaches and Challenges

11 h 15 – 11 h 30 General discussion

11 h 30 – 11 h 45 Coffee break

WORKSHOP 1 · 11 H 45 – 15 H 45From Theory to Application: Testing Dialogia’s Dialogical Mediation PathwayExpandCollapse

Facilitators: Zeyyad Saleh, Wael Saleh and Eissa Ali AlMannaei

Objective: Collectively test Dialogia’s conceptual and methodological architecture using concrete situations of dialogue, disagreement and polarization.

11 h 45 – 12 h 45 Human case analysis · Disagreements, presuppositions, essentialization, plurality and the distinction between facts, beliefs and interpretations.

12 h 45 – 13 h 45 Lunch

13 h 45 – 14 h 45 Dialogia pathway · Diagnosis, clarification, de-essentialization, reformulation, plurality and common ground.

14 h 45 – 15 h 45 Debrief and validation · Analytical grid, contextualization, mediation rules and indicators of dialogical quality.

15 h 45 – 16 h 00 Coffee break

16 h 00 – 17 h 00 Synthesis · Preparation of the comparative protocol for the third day.

WEDNESDAY 21 OCTOBERWorkshops 2 and 3 and closingExpandCollapse
WORKSHOP 2 · 9 H 00 – 11 H 45Dialogia’s Cognitive and Epistemological Architecture: Sources, Plurality, Verification and Human OversightExpandCollapse

Facilitators: Zeyyad Saleh, Wael Saleh and Eissa Ali AlMannaei

Objective: Collectively examine how Dialogia selects, prioritizes, mobilizes and verifies the knowledge required for interreligious dialogue.

9 h 00 – 10 h 00 Independent assessment · Source quality, plurality of traditions, contextualization, bias and levels of certainty.

10 h 00 – 10 h 15 Coffee break

10 h 15 – 11 h 45 Comparison with Dialogia · Convergences, divergences, omissions, errors, biases, potential added value and situations requiring human validation.

Expected outcomes: epistemological protocol, source validation, procedural neutrality, correction and human oversight.

11 h 45 – 13 h 00 Lunch

WORKSHOP 3 · 13 H 00 – 15 H 15Evaluating and Governing Dialogia: Comparative Protocol, Ethical Principles and RoadmapExpandCollapse

Toward a Common Framework for Evaluation and Scientific Development

Objective: Translate the results of the previous workshops into a common framework for the evaluation, governance and scientific development of Dialogia.

13 h 00 – 13 h 45 Comparative protocol · Dialogue without AI, general-purpose AI, Dialogia, human mediation and a hybrid human–AI model.

13 h 45 – 14 h 30 Governance · Oversight, source validation, contestation, responsibility, dignity, plurality, equity and transparency.

14 h 30 – 15 h 15 Roadmap · Research, architecture, corpus, experimental protocol, partnerships, publications and funding.

15 h 15 – 15 h 30 Coffee break

15 h 30 – 17 h 00 General debrief · Validation of results, conclusions and next steps for Dialogia.

17 h 00 SPECIAL ACTIVITIES

1.Official launch of the working group on AI-assisted interreligious dialogue within the University Platform for Research on Islam (PLURIEL), in collaboration with:

•TRENDS Research & Advisory

•Saint Joseph University of Beirut

•Università degli Studi dell'Insubria (Varese and Como) – REDESM

•Dominican Institute for Oriental Studies (IDEO), Cairo

•University of Montreal

•University of Quebec in Montreal (UQAM)

•Faculty of Theology – Catholic University of Lyon

•Faculty of Theology, Loyola University (Spain)

2.Experimental launch of the DIALOGIA platform.

3.Announcement of the publication of the conference proceedings at the beginning of the 2027 academic year.

17 h 30 Official closing

PROGRAM AT A GLANCEExpandCollapse

Schedule of the main sequences

MONDAY 19 OCTOBER · SCIENTIFIC CONFERENCE
TimeSequenceOverview
8 h 30–9 h 15Welcome & openingParticipant welcome followed by presentation of the scientific objectives
9 h 15–11 h 00SESSION 1Knowledge, discourse and representations of religion
11 h 00–11 h 15Coffee breakTransition
11 h 15–13 h 00SESSION 2Concepts, agency and limits of mediation
13 h 00–14 h 00LunchMeal break
14 h 00–15 h 45SESSION 3Polarization, prevention and dialogical transformation
15 h 45–16 h 00Coffee breakTransition
16 h 00–17 h 00Cross-cutting discussionPlurality, authority, dialogical quality, sources and oversight
TUESDAY 20 OCTOBER · From Scientific Reflection to Co-Design
TimeSequenceOverview
9 h 00–11 h 30SESSION 4Humanizing, ethicizing and governing AI
11 h 00–11 h 15Coffee breakTransition
11 h 15–15 h 45WORKSHOP 1Testing Dialogia’s dialogical mediation pathway
15 h 45–16 h 00Coffee breakTransition
16 h 00–17 h 00SynthesisPreparation of the comparative protocol
WEDNESDAY 21 OCTOBER · Experimentation, Validation and Governance
TimeSequenceOverview
9 h 00–11 h 45WORKSHOP 2Sources, plurality, verification and human oversight
11 h 45–13 h 00LunchMeal break
13 h 00–15 h 15WORKSHOP 3Comparative protocol, ethical principles and roadmap
15 h 15–15 h 30Coffee breakTransition
15 h 30–17 h 30SPECIAL ACTIVITIES Debrief & closingValidation of results, conclusions and next steps
WORKSHOPSExpandCollapse

The workshops compare human analysis with Dialogia’s responses in order to clarify sources, criteria of dialogical quality, possibilities for correction, and scientific and ethical oversight.

Facilitators for the three workshops:

Zeyyad Saleh, Wael Saleh and Eissa Ali AlMannaei.

Workshop Participants:

Antonio Angelucci · Anthony J. El Beainy · Patrice Brodeur · André Daher · Jean Druel · Chadi El Kahwaji · Adrien de Fouchier · Raphaël Georgy

· Renée Hattar · Hamad Al Hosani · Hazar Haidar · Karim Kardady · Karsten Lehmann · Violaine Lemay · Emmanuel Pisani · Heather Miller Rubens · Raja Sakrani · Wassim Salman

· Michel Younès

Presentation abstracts

Presentation abstracts

PRESENTATION ABSTRACTS · AXIS 1Artificial Intelligence and the Reconfiguration of Knowledge, Discourse and Representations of ReligionExpandCollapse
Michel Younès · Catholic University of Lyon (UCLy) / PLURIELToward a Renewed Perspective on Anthropologies in Dialogue in the Age of AIExpandCollapse

“Believers can draw anew from the most authentic sources of their spiritual traditions.” This sentence, taken from XIV’s first encyclical, Magnifica humanitas, dated 25 May 2026, paragraph §223, addresses the role of interreligious dialogue in relation to AI. At a time when the emergence of new technologies points to the deployment of a material approach to humanoid robotics, the encyclical invites reflection that continuously takes into account the immaterial dimension of human relationships.

The anthropology underlying this proposal invites us to frame the question of virtuality differently. In a context of diversity, can the articulation between virtuality and alterity help to “disarm AI” from radical and fundamentalist uses of religious discourse? In what ways can religious anthropologies in dialogue, particularly Christian and Muslim anthropologies, constitute a relevant resource for approaching this rapid transformation of the world differently?

Jean Druel · Dominican Institute for Oriental Studies (IDEO), CairoRethinking Bibliographic Research in (Inter)religious Studies through a Conversational AgentExpandCollapse

Specialized libraries in religious studies preserve complex collections in which editions, translations, commentaries and controversies are intertwined. The adoption of the IFLA-LRM/RDA model now makes it possible to structure in detail the networks of works and authors. Thus, the Diamond catalog (and its thematic portals AlKindi for Islamic studies, Albertus for medieval Latin studies and Ignatios for Eastern Christian studies) is based on an extremely precise LRM/RDA database that includes all relationships between masters and disciples, as well as between works (commentaries, refutations, studies, etc.), together with the editorial history of works (lost, manuscript, edited and translated). Unfortunately, traditional keyword- or subject-based search tools fail to reveal the full richness of these collections.

This paper presents a project to integrate a conversational AI agent into Diamond. The aim is to enrich conventional bibliographic research by giving the catalog a mediation capacity: the agent answers users’ factual or contextual questions while directing them precisely toward relevant resources in the collection. It will thus be possible, for example, to search for works or Arab authors with extensive reception in the East but little or no study in Western languages, to identify manuscripts that have never been edited, or to locate authors who commented on texts from traditions other than their own. We will then examine how combining the rigor of LRM/RDA-formatted data with natural-language dialogue opens new perspectives for the discoverability of sources in (inter)religious studies.

Raphaël Georgy · PLURIEL“Answer Like an Imam?” A Design Debate Revealing the Threshold of AuthorityExpandCollapse

“Should a chatbot answer like an imam?” This question arose during a design meeting in the development of Abdelkader, the conversational assistant of the Grande Mosquée de Paris. It goes to the heart of the conference: how far can AI move from a tool that assists (searching, translating, summarizing), to an entity that mediates (selecting, prioritizing and reformulating what others have said), and then to one that exercises authority (deciding for itself, stating the norm, speaking like an imam)? This paper explores the place of human arbitration in this question and shows that it operates upstream, in the very design of the tool, before any use takes place. Research on digital religion has shown that online religious authority does not impose itself automatically: it is constructed through interaction and depends on the choices of the communities that adopt it (Cheong, Campbell, Bunt). I propose to specify where and when this occurs: in the making of the tool itself. Drawing on my experience as rapporteur for the glossary that serves as the assistant’s knowledge base, overseen by two commissions, one religious and one civil, I analyze the criterion adopted (anchored yet open: rooted in the Muslim tradition, while seeking to foster understanding rather than advocacy) and compare it with a historical precedent specific to the Muslim tradition. From this, I derive a set of conditions for an AI-assisted interreligious dialogue platform.

Adrien de Fouchier · Vatican Apostolic LibraryFeeding AI with Texts and MetadataExpandCollapse

Interreligious dialogue suffers from a shortage of reliable sources, a problem that general-purpose AI systems amplify in the absence of structured corpora: without precise attribution (author, work, context), AI produces a vague form of theological syncretism.

One proposed solution is a five-stage agentic pipeline — OCR, source identification, expert curation, vector indexing, and finally a dialogue AI that systematically cites its sources. [An example (a question on forgiveness in Islam) illustrates the difference between a vague response and a source-grounded answer citing the Qur’an, a hadith, and recognized commentators.]

The anticipated benefits (trust, preservation of nuance, traceability) are counterbalanced by genuine concerns: the risk of attribution hallucinations, the legitimacy of theological curation, and the danger of freezing living traditions.

Wael Saleh · IEIM-UQAM / TRENDS / PLURIELRethinking the Plurality of Contemporary Islam and Dialogue in the Name of Religion in the Age of AI: An Ethical-Onto-Epistemological ApproachExpandCollapse

This paper proposes to rethink the representation of the plurality of contemporary Islam in the age of artificial intelligence by examining the regimes of knowledge, legitimation and authority that enable discourse in the name of religion. Its central hypothesis is that artificial intelligence never accesses an immediate religious reality, but rather representations that have already been configured.

Taking contemporary Islam as its point of departure, the paper distinguishes two levels of representativeness. The first, external, concerns the knowledge and mediation mechanisms through which the religious object is constructed. The second, internal, concerns the mechanisms by which actors, institutions and traditions determine what may be recognized as legitimate, orthodox, representative or marginal. Their articulation produces a stratified representativeness that reproduces hierarchies under the appearance of a general representation of Islam.

In response to this risk, the paper advances the concept of reflexive representativeness, capable of making explicit its conditions of production, recognizing religious plurality and contextualizing relations of authority. Artificial intelligence thus becomes a device for rendering visible the ethical, ontological and epistemological conditions of dialogue.

The issue extends beyond technology. It is a matter of identifying the conditions under which artificial intelligence can contribute to dialogue in the name of religion without turning plurality into homogeneity, mediation into authority, or representation into substitution.

PRESENTATION ABSTRACTS · AXIS 2Rethinking Interreligious Dialogue in the Age of Artificial Intelligence: Concept, Agency and Limits of MediationExpandCollapse
Raja Sakrani · University of Bonn / PLURIELArtificial Intelligence, a Substitute for the Divine? Some Consequences for Interreligious DialogueExpandCollapse

In the quest for the lost sacred, there has been no shortage of candidates: icons of beauty, Flanken götter (the gods of the stands), and so forth. Yet never has such a powerful form of competition emerged as with AI.

This theme asks how the rapid development of AI challenges traditional conceptions of God and what consequences this may have for dialogue among the world’s religions.

Today, AI is attributed characteristics traditionally reserved for God:

• Omniscience: AI systems have access to the totality of humanity’s digital knowledge and give the impression of having an answer to every question.

• Omnipresence: Thanks to smartphones and the Internet, AI is available at any time and everywhere in everyday life.

• Immortality and creative power: AI creates new worlds, works of art and texts, and outlives biological life.

When technology assumes a quasi-religious role, it changes the way the world’s major religions (such as Christianity, Judaism, Islam, Buddhism and Hinduism) engage with one another and with modernity. Through AI, anyone can instantly and accessibly obtain information about the doctrine of the Trinity, the meaning of hadiths, karma, and so forth. AI thus becomes an unavoidable medium of communication among religions.

Patrice Brodeur · University of Montreal (UdeM)Can the Interactive Communication Required between LLM Users and their Generative AI Platforms be compared—and potentially become—a new form of Dialogue within or beyond Interworldview Dialogue?ExpandCollapse

Building on numerous previous forms and theories of dialogue within human communication (Littlejohn & Foss 2009, Livnat 2012, Cornille 2013, Driessen 2023), interworldview dialogue (IWVD) (Brodeur 2022) is a relatively new form of dialogue theorized to include all human beings with their numerous identities inescapably intertwined with power dynamics. IWVD aims to provide a broader framework than other kinds of dialogue, such as intercultural, interreligious, interspiritual, interconvictional, intercivilizational, and solidarity dialogues, among others. However, up until now, IWVD has taken for granted that its participants and facilitators are human beings. What happens when one of the ‘dialogue partners’ is an IA(g) agent (i.e. LLM platform)? What new form(s) of ‘mutuality’ is possible, or not, in this new kind of human-machine communication? Do human beings need to develop new rules/guidelines/norms/keys for this kind of interactive communication, and if so, what are they? These questions raise serious ethical concerns around the nature and possible limits of human agency and human communication and mediation in a new planetary Anthropocene environment.

Eissa Ali AlMannaei · TRENDS Research & AdvisoryWhen Artificial Intelligence Becomes a Mediator: Reliability, Responsibility and Limits in Interreligious DialogueExpandCollapse

This paper examines the conditions under which artificial intelligence can support interreligious dialogue as a mediator without displacing human judgment, responsibility, or contextual understanding. Drawing on the practical challenges involved in designing and testing AI-assisted dialogical mediation, it focuses on three interrelated dimensions: reliability, responsibility, and limits. Reliability concerns the quality of sources, the representation of internal religious plurality, contextualization, and the distinction between verifiable information and interpretation. Responsibility concerns who remains accountable when an AI system selects, reformulates, prioritizes, or moderates sensitive religious content, and how correction, contestation, and human oversight should be organized. Limits refer to situations in which algorithmic intervention may be inadequate or inappropriate, especially where identity, trauma, asymmetrical power relations, sacred values, or deep disagreement are involved. The paper argues for a Human-in-the-Loop approach in which AI assists clarification, de-essentialization, reformulation, source validation, and the identification of convergences and divergences, while final responsibility remains human. It concludes by proposing practical criteria for evaluating AI-mediated dialogue, including explainability, contextual accuracy, procedural neutrality, safety, dignity, equity, and transparent governance within hybrid human-AI mediation models for diverse religious, cultural, and linguistic settings. These criteria aim to guide Dialogia’s experimental validation and its scientific, ethical, and institutional governance framework.

Anne de Luca, PhD · Thucydide Center (Paris-Panthéon-Assas University)Interreligious Dialogue Put to the Test by AI: Moving from the Illusion of Mastery to Productive ControversyExpandCollapse

The use of AI in support of interreligious dialogue raises questions about our relationship to complexity and uncertainty. Whether in decision-making or knowledge production, AI is valued chiefly for its capacity to reduce uncertainty and make complexity intelligible. In doing so, it mitigates, or even removes, the frictions generated by complexity. Yet friction can be productive, and creativity and innovation often arise from tension. In interreligious dialogue, AI tends to produce coherent responses that smooth over complexity. It thereby creates a sense of mastery over the subject, with clear-cut positions that seemingly reduce uncertainty and divergence.What if controversy were not something to eliminate, but rather something to cultivate as the substrate of new knowledge? What if, instead of smoothing over disagreement in order to arrive at an artificial consensus, we fully accepted complexity? What if the aim were less to resolve disagreements than to understand them better?The presentation will therefore examine the dynamics of knowledge production, which involve a tension between complex thinking and a necessary simplification that must not slide into the pitfall of simplism. It will revisit the assumption that disagreement amounts to a failure of dialogue and consider AI not as an encyclopedia, but as a catalyst for controversy that can advance knowledge.

Anthony J. El Beainy · Saint Joseph University of Beirut (USJ)Inhabiting Dialogue Without Inhabiting Faith: AI as an Interreligious MediatorExpandCollapse

Between the memory of religions and the desire to interconnect, artificial intelligence brings an intermediate space into view. This digital environment poses a double challenge: how can a common space be built without erasing the singularity of beliefs and traditions, in a context such as Lebanon, and how can a machine mediate a spiritual experience to which it remains fundamentally external?

At the intersection of architecture, philosophy and technology, this presentation explores the paradox of mediation “without faith.” Drawing on Paul Ricœur’s concept of “linguistic hospitality,” we argue that AI should not be conceived as a mediator seeking to create consensus, but as an infrastructure of inter-translation that enables each party to understand the other while preserving their differences.

Because it does not believe, AI’s exteriority becomes its strength: it allows AI to translate and articulate statements without appropriating the other’s difference. AI thus offers a neutral space of encounter in which it can help different religions understand one another more fully without reducing the mystery of their faith. Ultimately, the human remains at the heart of dialogue, for only the human can turn understanding into encounter, and encounter into an experience of faith.

Chadi El Kahwaji · Saint Joseph University of Beirut (USJ) / AUBFrom Narrative to Mediation: Generative AI as an Interpretive Third Party in Interreligious Dialogue in Contemporary Arabic NarrativeExpandCollapse

This proposal falls within Dialogia’s second axis: it examines the shift of generative AI from assistance to mediation, up to the role of an interpretive third party participating in the reconstruction of meaning. It focuses on contemporary Arabic narratives of religious, confessional or cultural otherness. It asks: what becomes of dialogue when the system reformulates positions, contextualizes disagreement and proposes common ground rather than merely explaining the text? The hypothesis is that such mediation may foster mutual understanding, yet may also flatten polyphony, ambiguity and historical tension in favor of fixed identities and generalized reconciliation.

The paper analyzes two passages: the baptism scene in « شريد المنازل » “Saint Georges regardait ailleurs” by Jabbour Douaihy and, in « يوسف الإنجليزي » “Yusuf Al Inglizi” by Rabee Jaber, the call to prayer and the news of Pastor Shafard’s conversion to Islam. This non-exhaustive corpus prepares the ground for subsequent research. Each excerpt is read as literature and subjected to three interactions: explain the disagreement, reformulate the positions and intervene as an interpretive third party. The analysis verifies the source of the utterance, polyphony, degrees of certainty, context and additions not grounded in the text.

Preliminary results show that the system grasps the general event but rewrites it according to a rational model and replaces it with a pre-established consensus. The secrecy, urgency and reversibility of the baptism become a deliberate decision; the layers of enunciation, memory and collective narrative are flattened in the call to prayer. The study will be expanded to other passages, models and indicators.

Keywords: generative artificial intelligence; interpretive mediation; interreligious dialogue; contemporary Arabic narrative; polyphony; algorithmic interpretation; Dialogia.

PRESENTATION ABSTRACTS · AXIS 3From Polarization to Dialogical Transformation in Digital SpaceExpandCollapse
Heather Miller Rubens · Institute for Islamic, Christian, and Jewish Studies (ICJS), BaltimoreDeveloping the ICJS Interfaith Benchmark 1.0: Methodological Considerations & ChoicesExpandCollapse

How are AI platforms currently responding to interfaith and interreligious inquiries? To answer this question, the Institute for Islamic, Christian, and Jewish Studies (ICJS) is developing an academically-sound AI benchmark that attempts to systematically examine how frontier model LLMs (e.g. Claude, Gemini, Grok, etc.) answer interreligious and interfaith questions. The ICJS Interfaith Benchmark 1.0 will measure and evaluate the platforms’ responses to a diverse set of questions about Islam, Christianity, and Judaism, assessing the answers for factual accuracy and hate speech, while also accounting for internal diversity within religious traditions and more subtle forms of bias. In this paper I will share the work completed to date, and invite everyone to discuss methodological choices and considerations around the benchmark, including the evaluation rubric, the inclusion of expert human evaluators, and plans for expanding and improving future benchmarks.

Karim Kardady · University of Montreal / PLURIELViolent Radicalization in the Name of Islam among Young People in Digital Contexts: From Polarization to Prevention—What Can Artificial Intelligence Contribute?ExpandCollapse

Our paper offers a critical reflection on violent radicalization in the name of Islam among young people in digital contexts and on the place artificial intelligence might occupy in contemporary prevention efforts. It begins from the observation that trajectories of this form of radicalization cannot be explained by the influence of technologies alone: they are embedded in complex identity-based, relational, social, political and religious dynamics, to which digital environments nevertheless give new forms of visibility, circulation and intensification.

From the perspective of interreligious dialogue assisted by and conducted in dialogue with AI, our reflection examines how algorithmic technologies simultaneously transform the conditions of polarization, the possibilities for mediation and preventive practices aimed at young people.

Drawing on a cross-reading of international scholarship and Arabic-language scientific research, our approach will examine the promises associated with AI without separating them from their methodological, ethical and intercultural limitations. Particular attention will be paid to linguistic and religious contextualization, the protection of rights and the place of human actors.

Hamad Al Hosani · TRENDS Research & AdvisoryFrom Digital Polarization to Ideological Extremism: How Extremist and Terrorist Groups Use Artificial Intelligence and the Challenges That FollowExpandCollapse

This paper examines how extremist and terrorist groups are integrating artificial intelligence into their digital strategies and how these developments are reshaping the security landscape. Drawing on the perspective of terrorism and extremism studies, it focuses on the operational use of generative AI for propaganda production, recruitment, ideological targeting, narrative adaptation, synthetic media, and the amplification of polarizing content across multilingual digital environments. Particular attention is given to the way extremist actors exploit existing social grievances, identity tensions, and political conflicts, using AI not as an autonomous cause of radicalization but as a force multiplier that increases the speed, scale, personalization, and resilience of extremist communication.

The paper also considers the implications for the Middle East and other interconnected regions, where transnational networks, encrypted platforms, and rapidly evolving information ecosystems complicate detection, attribution, and prevention. It argues that effective responses require more than technological countermeasures. They must combine strategic monitoring, human expertise, contextual knowledge, cross-platform cooperation, responsible AI governance, and preventive policies addressing the ideological and social drivers of extremism. The paper concludes by proposing a balanced framework that strengthens security while preserving human oversight, proportionality, and fundamental rights. This approach also emphasizes early prevention and sustained institutional coordination internationally.

André Daher · Antonine University, LebanonFrom Artificial Intelligence to Dialogical Intelligence: Educating for Encounter with the Other in an Interreligious WorldExpandCollapse

In societies marked by growing cultural and religious plurality, education for interreligious dialogue is a major challenge for living together. When a school welcomes students from different traditions, it can become a privileged space for encounter, listening and discernment. The aim is not merely to learn about religions, but to learn how to encounter the other, compare viewpoints, move beyond stereotypes and build common ground without erasing differences.

The rise of artificial intelligence introduces a new dimension into this educational mission. AI facilitates access to religious knowledge and makes different perspectives more visible. Yet it can also reformulate, simplify or prioritize religious discourses, reproduce biases and transform the conditions of mediation and dialogue.

Drawing on the experience of an interreligious school, this contribution examines the shift from AI conceived as an assistance tool to AI as a mediator or interlocutor. It proposes the concept of “dialogical intelligence” to designate a capacity grounded in listening, decentering, discernment, recognition of otherness and responsibility. The challenge is to envision an education that uses AI without delegating human judgment to it, and that makes interreligious dialogue an apprenticeship in encounter.

Renée Hattar · Università Cattolica del Sacro Cuore, Milan / PLURIELFrom Listening to Encounter: Sacred Music as an Instrument of Interreligious Dialogue in the Age of Artificial IntelligenceExpandCollapse

Since the earliest centuries of Christianity, sacred music has expressed the relationship between the human being and the Sacred and has embodied a spiritual, religious and cultural tradition rooted in and preserved through the languages and liturgical rites of the different Churches. Building on previous research that identifies sacred music as a non-violent instrument of interreligious dialogue, this paper explores the role of sacred music in creating safe and creative spaces for interreligious dialogue while taking its distinctive characteristics into account. Particular attention will be paid to influences and exchanges among the traditions of Christian sacred music in the Levant, Islamic musical traditions and Arabic music. In the age of artificial intelligence, which offers numerous possibilities and tools, especially for preserving and archiving these traditions, new challenges emerge, including the risk of reducing music to data. In this process, works may risk disappearing not in terms of sound, but in terms of their deeper meaning and their spiritual expression of the relationship between the human being and God. This paper explores principles of dialogue as authentic encounter, in which listening and empathy require human intelligence.

PRESENTATION ABSTRACTS · AXIS 4Humanizing, Ethicizing and Governing Artificial Intelligence in Religious ContextsExpandCollapse
Violaine Lemay · University of Montreal (UdeM)Philosophical and Religious Values: The Protective Virtue of Intellectual Mobility and the Immobilizing Danger of the Hidden Technopolitical Reflex Already Imposed by the Standard Use of AIExpandCollapse

Enlightened governance is not easy. Mobilizing expertise is costly. Integrating all potentially useful information is an overwhelming task. The potential of AI as a tool for organizational management and for political action capable of taking account of the widest possible range of data is immense. Yet the prevailing mindset in which the reflexive turn to AI is taking hold today is alarming. The standards governing the construction of algorithms, which silently structure the dominant ways in which AI is used, are the product of policies centered on the financial, self-interested, and private interests of the economic powers that have massively funded its rapid advancement. All these standards rest on one and the same idea: it is advantageous to construct sequences of logical instructions that enable computers to arrive at decisions autonomously because doing so reduces the human decision-making burden and, consequently, the high costs of skilled personnel. In such a context, however, one crucial question is routinely left unasked… What of the non-economic—ethical, political, legal, and religious—value of a human decision that may cost more, yet remains capable, when necessary, of breaking free from a rigid chain of instructions when that chain, in practice, leads to the sacrifice of human values for economic efficiency?

Drawing on the “dance” of the capacity for judgment in Luc Boltanski and Laurent Thévenot and on the “technopolitical” as understood by Asma Mhalla, this paper examines intellectual mobility as a valuable characteristic of enlightened human action, as well as the considerable potential for AI use—when unduly distanced from the silent collective reflexes already shaped by dominant usage—to impede that mobility.

Wassim Salman · Pontifical Institute for Arabic and Islamic Studies (PISAI), Rome / PLURIELHumanity, Mediation and Responsibility: Thinking about AI-Assisted Interreligious Dialogue in Light of Magnifica humanitasExpandCollapse

This paper examines the ethical and anthropological issues raised by AI-assisted interreligious dialogue in light of the encyclical Magnifica humanitas. As technological development profoundly transforms communication and social relations, the pontifical text reaffirms the primacy of the human person and rejects any reduction of the individual to statistical or functional data. Although AI can provide valuable assistance in accessing sacred texts and seeking knowledge, it remains confined to a logic devoid of moral consciousness, empathy and spiritual depth. The simulation of sacred authority by algorithms therefore entails serious risks of theological leveling, manipulation and distortion of truth. To move beyond the technocratic paradigm, Magnifica humanitas advocates shared ethical responsibility and transparent governance. AI must not serve a culture of power or control, but should be oriented toward a civilization of love and peace. From this perspective, digital mediation in interreligious dialogue requires rigorous discipline in order to preserve the plurality of traditions, promote tolerance and place technology at the service of human fraternity.

Emmanuel Pisani · Dominican Institute for Oriental Studies (IDEO), Cairo / PLURIELAI and Muslim Scholars: Reactions and Initial Assessments in Islamic Ethics.ExpandCollapse

At a time when artificial intelligence is transforming Islamic knowledge to the point of automating fatwas, Muslim scholars are struggling to determine its status: is it a documentary tool? An assistant serving the fāqih? Could it become a potential competitor to religious authority as an interface with believers capable of engaging moral responsibility? Our paper will present the reflections and positions of several Muslim scholars, notably Sheikh Abdallah bin Bayyah, President of the UAE Council for Fatwa, who advocates an institutional ijtihād to regulate AI, and Sheikh Hichem Ben Mahmoud, Mufti of the Tunisian Republic, for whom artificial intelligence requires “a new effort of reflection” articulated with the maqāṣid al-sharīʿa. We will also report on the positions adopted at the 10th congress organized in 2025 by Dar al-Iftāʾ al-Miṣriyya, whose theme was “Training the Enlightened Mufti in the Age of Artificial Intelligence.”

Antonio Angelucci · Università degli Studi dell’Insubria – REDESM, ItalyWho Writes the Constitution of the Algorithm? Three Legal Limits for an AI Moving from Assisting to Mediating Interreligious DialogueExpandCollapse

When an artificial intelligence system interprets religious discourse, reformulates positions and makes perspectives visible, it no longer merely assists interreligious dialogue: it mediates it and, at the limit, takes part in it. A system that assists operates on information; a system that mediates operates on persons, on their confessional identity and spiritual vulnerability and thereby classifies and ranks the religious. Assistance can be governed by an ethics of use; mediation requires a constitution. The first question is therefore who has the authority to write it. Building critically on the notions of AI safety and Constitutional AI, the paper argues that the principles binding a system operating on the religious field cannot be selected by private actors: they must be heteronomous with respect to those who produce the technology and grounded in public law, fundamental rights, secularism and constitutional pluralism, as already articulated at the multilevel scale of the European Convention on Human Rights, EU law and national constitutions. Three legal limits are derived from this framework, each read against a historical paradigm of religious institutions handling sensitive information: the prohibition on orienting spiritual choices; the exclusion of any orthodoxy control, which gives legal content to procedural neutrality; and the placement of religious profiling within the whole GDPR system. The three limits are finally translated into operational criteria for the Dialogia protocol, as three questions to be added to the grid comparing human and algorithmic assessment. As long as responsibility cannot be attributed to the machine, the AI interlocutor remains a metaphor: dialogue stays between humans, mediated by an artefact whose constitution humans write.

Karsten Lehmann · KPH Wien/Niederösterreich / University of ViennaAmbivalent approaches of religious professionals vis-à-vis AIExpandCollapse

The proposed paper is based upon an empirical pre-test to the ZORA-project that will hopefully start in 2027. The paper draws from expert interviews with welfare professionals on the usage of AI within the context of religious welfare activities in Vienna, Austria. So far, the interviews document five common features: (a) All interview partners express a substantive interest in AI-related developments – while at the same time voicing the opinion that they have only a limited amount of expertise in the field. (b) They assert a knowledge gap between rank-and-file members and professionals that

are in management positions. (c) They make a clear distinction between the use of AI for professional purposes and the use of AI in religious matters. (d) They underline that they are already using AI in specific fields. (e) They consider that AI is rapidly gaining significance and that it will increasingly influence their daily work.

At the same time, the interviews document three distinct differences: (a) The interviews document the distinct organizational structures of religious traditions in Austria. (b) They document a substantive difference with regard to the degree of theological legitimation of AI-related issues. (c) They document that Catholic and Sunni professionals in Vienna are integrated into very distinct socio-cultural contexts.

Hazar Haidar · UQAR / OBVIAGoverning an AI Mediator of Religion: What Ethical Principles, What Limits?ExpandCollapse

This paper examines the ethical conditions for governing an AI system called upon to operate in contexts characterized by a plurality of beliefs, traditions, and religious interpretations. The central issue is the role AI may play when it acts as an intermediary in the production, selection, prioritization, or reformulation of religious content, and what we are prepared to delegate to it within spaces of dialogue. Drawing on scholarship in AI ethics and governance, the presentation analyzes several principles capable of framing such algorithmic mediation: transparency regarding sources and generation processes; the responsibility of the actors who develop and deploy these systems; the contestability of the religious representations they produce; and the participation of the communities concerned in their governance. Particular attention is given to the conditions under which AI may intervene in spaces of religious dialogue without substituting itself for interpretive communities. Finally, the paper discusses the ethical limits of such intervention in order to preserve the diversity of interpretations, the autonomy of the communities concerned, and the centrality of human judgment.

Zeyyad Saleh · University of MontrealDialogia Platform — Interreligious Dialogue “Assisted by” and “in Dialogue with” AI: Concepts, Approaches and ChallengesExpandCollapse

This paper presents Dialogia from the perspective of its design, development, and experimental evaluation. Conceived as a research platform for interreligious dialogue assisted by and conducted in dialogue with artificial intelligence, Dialogia explores how large language models can support structured interaction without replacing human judgment or responsibility. Drawing on experience in AI-assisted research design and evaluation, the paper focuses on the platform’s architecture, its conversational logic, and the criteria required to assess the quality of its outputs.

Particular attention is given to source reliability, contextualization, representation of internal religious plurality, multilingual performance, bias, explainability, and the risks of essentializing complex traditions. The paper also examines how Dialogia can integrate human supervision at critical stages of the dialogical process, especially when disagreement involves sensitive religious, political, or identity-related issues.

Rather than presenting Dialogia as a finished technological solution, the paper frames it as an evolving research prototype to be tested comparatively against general-purpose AI systems and human mediation. Its central argument is that the value of AI in interreligious dialogue lies not in autonomous mediation, but in its capacity to support clarification, comparison, reformulation, and structured reflection within a transparent, testable, and human-governed framework across diverse religious and cultural contexts worldwide.

PRACTICAL INFORMATION

Practical information

19–21 OCTOBER 2026 · UNIVERSITY OF MONTREAL

Conference Room C-3061, Carrefour des arts et des sciences

Lionel-Groulx Pavilion, 3150 Jean-Brillant Street

Official booklet — English

Registration

In person and online

Participation is available both in person in Montreal and online. Prior registration is required. In-person attendance is limited to 70 participants only, due to the limited capacity of the venue.

Register

International participation

An international gathering

Participants represent 10 countries: Canada, the United Arab Emirates, France, Egypt, Germany, Lebanon, Italy, Austria, the United States, and Vatican City.

Over three days, from 19 to 21 October 2026 in Montreal, Canada, researchers and experts will examine how artificial intelligence is transforming knowledge, religious discourse, and representations of religion; the limits of its possible transition from an assistive tool to a mediator in interreligious dialogue; and broader questions related to digital polarization, dialogical mediation, religious authority, source reliability, AI ethics, and governance.

The programme combines an international scientific conference with research and experimental workshops. It will also feature the official launch of the Working Group on AI-Assisted Interreligious Dialogue and the experimental launch of the DIALOGIA platform, as part of an international research initiative aimed at developing new scientific and ethical models for interreligious dialogue both “assisted by” and “in dialogue with” artificial intelligence.